/// Signal
Qwen Image 2.1 tient dans 8 Go de VRAM — sa licence, elle, réserve le modèle à la recherche

Le fait : le 20 septembre, Alibaba a publié Qwen-Image-2.1, un générateur d’images de 7 milliards de paramètres servi par un encodeur de texte de 8 milliards, sous licence de recherche — donc réservé à la recherche et à l’évaluation. Le 24 septembre, une vidéo de dix minutes montre le même modèle produisant des planches de personnages sur une carte graphique de 8 Go, workflow gratuit à l’appui. Dans la description de cette vidéo, la promesse des 8 Go de VRAM arrive au 203ᵉ caractère ; l’avertissement de licence, au 2 662ᵉ.
Ce que le modèle apporte tient en trois lignes. 7 milliards de paramètres pour le générateur d’images et 32 couches — Qwen-Image, la version d’août 2025, en comptait 60 ; le chiffre de 7 milliards ne décrit donc que le générateur, pas l’ensemble, qui embarque en plus un encodeur de texte de 8 milliards. Génération et retouche ne demandent plus deux modèles séparés. Et il produit nativement des PNG transparents, sans détourage à faire après coup : pour un créateur qui monte des visuels, c’est du temps gagné à chaque image. Il accepte jusqu’à dix images de référence, son réglage officiel est de 40 pas, et ComfyUI le prend en charge dès le jour de l’annonce. Sur les performances, la précaution est dans la source elle-même : eWeek écrit que le test de référence ayant servi à la comparaison a été conçu par Alibaba — « Because Alibaba developed the benchmark, its results should be read as the company’s measurement ». C’est la mesure du vendeur, pas celle d’un tiers.
Venons-en aux 8 Go, parce que c’est là que le titre promet plus qu’il ne dit. Les fichiers du workflow pèsent, en tailles officielles : 7,26 Go pour le générateur en version quantifiée, 0,68 Go pour l’encodeur d’images, et 9,35 Go pour l’encodeur de texte. Faites ce qui doit tenir ensemble sur la carte : 7,26 plus 0,68, soit 7,94 Go sur les 8 Go disponibles. L’encodeur de texte, à lui seul, en demande 9,35 : il ne peut pas s’y ajouter. Le logiciel échange donc en permanence avec la mémoire vive du PC, qui en comptait 32 Go sur la machine de test, et c’est au prix de la vitesse — la documentation d’Unsloth, qui fait tourner ces modèles en local, l’écrit noir sur blanc : « You can run FP8 on just 6GB of VRAM using offloading. Inference will be <2x slower », soit une exécution jusqu’à deux fois plus lente. Ajoutez 17,3 Go de fichiers à télécharger avant la première image. Et il y a une divergence qu’il faut écrire au lieu de la lisser : cette même documentation réserve les versions INT8 et FP8 aux cartes de « 24 GB of VRAM or more » — alors que le workflow testé ici utilise précisément ces fichiers INT8 sur une carte de 8 Go. Les deux affirmations sont vraies, elles ne parlent pas du même montage : c’est le déchargement vers la mémoire vive qui rend l’impensable possible. Le même modèle est d’ailleurs mesuré à 56,5 Gio sur une carte H100 en 2K dans une autre configuration — chiffre donné par eWeek, qui cite le média RuntimeWire.
Reste la pièce que la promesse ne montre pas, et c’est elle qui décide pour un créateur. La licence de Qwen-Image-2.1 est une licence de recherche, et il faut la lire en entier — y compris là où elle parle des images produites, car elle en parle. Quatre clauses les mentionnent : l’article 4b impose d’afficher « Built with Qwen » si vous vous servez du modèle « or any outputs or results therefrom » pour entraîner un modèle distribué ; l’article 5c ne s’applique qu’en cas de procès ; les articles 6b et 6c sont les clauses de garantie et de responsabilité, qui excluent toute responsabilité sur le matériel « or any output of it ». Aucune de ces quatre clauses ne tranche la question qui intéresse un créateur : peut-il vendre ses images ? Ce que la licence dit clairement, c’est l’inverse, et elle le dit deux fois. L’article 1 définit : « "Non-Commercial" shall mean for research or evaluation purposes only ». L’article 2 : « You shall not use the Materials for any commercial purpose without obtaining a separate commercial license from us ». L’usage commercial du modèle exige donc une licence séparée, dont le prix n’est pas public ; et l’article 9 ajoute que toute utilisation « not expressly agreed to » dans ce contrat nécessite un accord distinct. C’est une rupture dans cette famille : Qwen-Image, Qwen-Image-Edit et Qwen-Image-Edit-2509 sont tous les trois en Apache 2.0, c’est-à-dire utilisables pour gagner sa vie sans rien demander à personne. Le contrat est régi par le droit chinois, avec les tribunaux de Hangzhou comme seule juridiction, et le cocontractant est nommé — Hangzhou Tongyi Laboratory Technology Co., Ltd. Un développeur l’a résumé le jour de la sortie, sur un fil Hacker News de 199 commentaires : « I would call this a license trap », un piège à licence.
Ce qui rend ce dossier intéressant, ce n’est ni le modèle ni la licence prise séparément : c’est que les deux informations sont dans le même document, et que la plus importante est 2 400 caractères plus bas. L’auteur de la vidéo n’a rien caché — il écrit noir sur blanc qu’un workflow gratuit ne donne aucun droit commercial sur le modèle, et il précise même qu’il n’a pas testé la version v0.2 de sa LoRA, alors en aperçu. Il a fait son travail. Le tri s’est fait ailleurs. Pour un créateur, la leçon tient en une phrase : le mot gratuit décrit le fichier, jamais le droit de l’utiliser. Trois vérifications suffisent avant d’adopter un modèle d’images, et elles prennent deux minutes. La première : la licence, sur la page officielle du modèle, pas dans le titre d’une vidéo — et lue en entier, parce que la clause qui parle des sorties porte parfois sur autre chose que ce qu’on croit. La deuxième : la taille réelle des fichiers, en se souvenant qu’un modèle annoncé comme tenant en 8 Go demandait ici 7,94 Go pour deux fichiers sur trois, et 17,3 Go de téléchargement. La troisième : ce que vous voulez en faire. Pour du visuel vendu, la famille Qwen reste utilisable dans sa version précédente — Qwen-Image-Edit-2509 est en Apache 2.0, comme Qwen-Image. Côté concurrents, FLUX.1-schnell est en Apache 2.0 et HiDream-I1 en MIT ; à ne pas confondre avec FLUX.1-dev, dont la licence s’appelle littéralement « flux-1-dev-non-commercial-license ». Et si vous voulez simplement des images déjà détourées, la transparence native de Qwen-Image-2.1 reste la meilleure raison de l’essayer : pour un test, c’est autorisé.
Verdict SassyNow
Qwen Image 2.1 est un vrai progrès technique, et le « 8 Go » tient : 7,94 Go de fichiers sur une carte de 8 Go, au prix d’un échange permanent avec la mémoire vive et d’une exécution jusqu’à deux fois plus lente. Mais pour un créateur qui vend ses visuels, cette version-là ne s’utilise pas — sa licence réserve le modèle à la recherche et à l’évaluation, et c’est la première fois que la famille Qwen-Image quitte Apache 2.0. À retenir avant d’adopter n’importe quel modèle : lire la licence en entier, parce que celle-ci parle bien des images produites, mais jamais pour dire qu’on peut les vendre.
Sources
- Licence de recherche Qwen — texte intégral (articles 1, 2, 4b, 5c, 6, 8 et 9)
- Qwen — dépôt officiel du modèle (7B, 32 couches, 10 images de référence, 40 pas, support ComfyUI dès le jour de l’annonce)
- Qwen — carte officielle du modèle sur HuggingFace (encodeur Qwen3-VL 8B)
- Comfy-Org — fichiers du modèle pour ComfyUI, avec les tailles exactes utilisées dans l’article
- Viggle — LoRA Turbo du workflow, versions v0.1 et v0.2
- Tensor Alchemist — la vidéo du 24 septembre (workflows, machine de test, avertissement de licence)
- Unsloth — « Qwen-Image-2.1: How to Run Locally » (besoins mémoire, déchargement, « <2x slower », « 24 GB of VRAM or more »)
- eWeek — « Alibaba Qwen-Image-2.1 Adds Native Transparency », 21 septembre 2026 (licence, 56,5 Gio sur H100 citant RuntimeWire, benchmark conçu par Alibaba)
- Hacker News — fil du 20 septembre 2026, 199 commentaires (la « license trap »)
- Tom’s Hardware — 23 septembre 2026, la revendication de benchmark attribuée à Alibaba