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« Open weights » ne veut pas dire « libre » : sur six versions de modèles d’images, deux sont utilisables sans condition

Publié le 29 septembre 2026
Note Buzz : 7/10SassyNow : Utile

Z-Image, Krea 2, Qwen-Image-2.1 et la famille FLUX.2 [klein] ont un point commun : leurs poids sont publiés, et vous pouvez les faire tourner sur votre propre machine, sans payer d’API. Tous sont donc rangés sous la même étiquette, « open weights ». Or leurs documents officiels ne disent pas du tout la même chose. Sur les six checkpoints concernés, deux seulement sont sous une licence libre sans condition : Z-Image et le FLUX.2 [klein] 4B, tous deux en Apache 2.0. Z-Image-Turbo, la variante rapide du même éditeur, n’entre pas dans ce décompte : nous n’avons pas examiné la licence de son dépôt, et nous ne la présentons donc pas comme vérifiée. Le FLUX.2 [klein] 9B est sous « FLUX Non-Commercial License », c’est-à-dire réservé aux usages non commerciaux. Qwen-Image-2.1, publié le 20 septembre 2026, est sous un « Qwen RESEARCH LICENSE AGREEMENT » dont l’article 1.i définit ainsi le terme central : « "Non-Commercial" shall mean for research or evaluation purposes only. » Et Krea 2 autorise bel et bien l’usage commercial — à une condition chiffrée : rester sous un million de dollars de chiffre d’affaires annuel. Le détail le plus instructif n’est pourtant pas là : chez Black Forest Labs, le 4B et le 9B sont sortis le même jour, et ils ne sont pas sous la même licence.

Ce que chaque document autorise, d’abord, parce que c’est là que tout se joue. L’accord de Krea 2 porte un numéro et une date — « Krea 2 Community License Agreement v.1, Date: June 22, 2026 » — et sa section 2.3 fixe le seuil : « Commercial Use under this Agreement of the Krea Model, Derivatives, or Outputs is permitted only if you (including all affiliated entities under common ownership or control) have total company-wide annual revenue of less than one million United States dollars ($1,000,000 USD), calculated on a trailing twelve-month basis and including all revenue from all sources. » Traduction utile : le seuil ne se calcule pas sur ce que le modèle vous rapporte, mais sur tout le chiffre d’affaires de votre structure, sur douze mois glissants, toutes sources confondues. Et la suite est explicite sur ce qui arrive si vous le dépassez : « If you meet or exceed this threshold, you must obtain a separate enterprise license from Krea prior to any Commercial Use. » Mieux : la clause prévoit le cas où vous franchiriez le seuil en cours de route — « If your revenue meets or exceeds this threshold at any time during your use of the Krea Model under this Agreement, you must immediately cease Commercial Use and contact Krea. » Autrement dit, le droit d’usage commercial s’arrête le jour où le chiffre d’affaires dépasse le million : il faut cesser d’abord. La suite prévoit la négociation — « You can obtain a commercial license to run Krea models on your own infrastructure » — mais elle vient après la cessation, pas à la place. Chez Qwen, la formulation est plus simple et plus fermée. La licence — « Qwen RESEARCH LICENSE AGREEMENT », datée du 20 septembre 2026, éditée par Hangzhou Tongyi Laboratory Technology Co., Ltd. — accorde le droit d’utiliser, de reproduire, de distribuer et de modifier les matériels « FOR NON-COMMERCIAL PURPOSES ONLY », puis ajoute en 2.b : « You shall not use the Materials for any commercial purpose without obtaining a separate commercial license from us. » Une adresse est même donnée pour la demander. Chez Black Forest Labs enfin, la page de licence applicable au 9B — attention, elle porte un titre qui ne correspond pas au modèle, on y revient — réserve l’accès et l’usage du modèle aux « Non-Commercial Purposes », et précise que l’usage à des fins commerciales suppose de demander une licence, « which Company may grant to you in Company’s sole discretion and which additional use may be subject to a fee, royalty or other revenue share ». Trois éditeurs, trois mécanismes différents : un seuil de revenus, une interdiction nette, et une appréciation laissée au vendeur.

Le cas le plus parlant est interne à une seule entreprise. FLUX.2 [klein] existe en deux tailles, 4B et 9B, et le blog d’annonce de Black Forest Labs, daté du 15 janvier 2026, les présente dans le même mouvement : « Developer-friendly & Accessible: Apache 2.0 on 4B models, open weights for 9B models. » Et pourtant : le 4B est déclaré en Apache 2.0, le 9B sous FLUX Non-Commercial License. Le README du 4B, écrit par l’éditeur lui-même, explique la décision sans détour, et c’est un passage qu’il faut lire en entier parce qu’il dit pourquoi : « Based on these findings, we approved the release of the open-weight FLUX.2 [klein] 4B models under an Apache 2.0 license and the release of the FLUX.2 [klein] 9B models under a non-commercial license to support third-party research and development. » L’éditeur présente la chose comme une décision de sûreté, prise après des évaluations externes portant notamment sur la génération de contenus illégaux — c’est sa justification, et nous n’avons pas d’autre source sur ses motifs. La même page ajoute une obligation technique qui pèse sur les utilisateurs du 9B : « Filters or manual review must be used with the FLUX.2 [klein] 9B models under the terms of the FLUX Non-Commercial License, and we encourage deployers to implement these mitigations when using the FLUX.2 [klein] 4B models. » La nuance est dans le verbe : obligation pour le 9B, encouragement pour le 4B — la même page, deux régimes. Un choix de licence qui entraîne une contrainte d’usage, donc, et pas seulement une ligne juridique.

Un piège de lecture, ensuite, qu’il faut signaler parce qu’il transforme une vérification en fausse accusation. La page de licence de Black Forest Labs que l’on trouve en cherchant « FLUX Non-Commercial License » s’intitule en réalité « FLUX [dev] Non-Commercial License v2.0 », et elle est datée du 25 novembre 2025 : elle vise, dans son titre, un autre modèle que le 9B de [klein]. Ce n’est pas une erreur : le blog d’annonce l’explique noir sur blanc — « Note: The "FLUX [dev] Non-Commercial License" has been renamed to "FLUX Non-Commercial License" and will apply to the 9B Klein models. No material changes have been made to the license. » La licence est donc bien la même, renommée, et son texte s’applique au 9B. Une réserve, en revanche, et elle compte : nous n’avons pas pu lire le fichier de licence livré avec le dépôt du 9B, qui répond « 401 » : l’accès à ce dépôt demande d’accepter la licence sur la plateforme avant de télécharger les poids. Ce que nous citons est donc le texte publié par l’éditeur sur sa page légale, et nous ne reprenons pas les termes de cette licence comme s’ils étaient ceux du fichier du dépôt.

Reste la question que tout le monde pose — lequel génère les plus belles images — et la réponse honnête est qu’aucun des documents officiels ne permet de la trancher, parce que chaque éditeur est juge de son propre match. Black Forest Labs écrit, à propos de son modèle : « FLUX.2 [klein] matches or exceeds Qwen’s quality at a fraction of the latency and VRAM, and outperforms Z-Image while supporting both text-to-image generation and (multi-reference) image editing in a unified model. » Krea, de son côté, présente le sien comme « The most aesthetic open-source image model available ». Et l’article arXiv de Z-Image — soumis le 27 novembre 2025, révisé pour la dernière fois le 6 juillet 2026 — justifie son existence en affirmant que les alternatives open source, nommément « Qwen-Image, Hunyuan-Image-3.0 and FLUX.2 », sont « characterized by massive parameter counts (20B to 80B), making them impractical for inference, and fine-tuning on consumer-grade hardware ». Trois affirmations, trois intérêts, et un mot différent dans chacune : « quality », « aesthetic », « impractical ». Aucune n’est mesurée selon le protocole d’une autre. Le papier de Z-Image annonce par exemple une inférence « sub-second » — mais sur Z-Image-Turbo, le modèle que sa propre distillation produit, et sur « an enterprise-grade H800 GPU » : ce n’est donc ni le checkpoint dont il est question ici, ni une carte d’acheteur. Black Forest Labs, de son côté, écrit que sa vitesse « is measured on a GB200 in bf16 » — un autre accélérateur de centre de données. Comparer ces deux phrases reviendrait à comparer deux checkpoints sur deux machines, ni l’un ni l’autre n’étant la vôtre. Ces quatre modèles ne sont d’ailleurs pas contemporains : le papier de Z-Image a été soumis le 27 novembre 2025, FLUX.2 [klein] a été annoncé le 15 janvier 2026, l’accord de licence de Krea 2 est daté du 22 juin 2026, et Qwen-Image-2.1 a été publié le 20 septembre 2026.

Ce qui est mesurable, en revanche, c’est ce que la machine doit encaisser — et là, les chiffres officiels suffisent. Z-Image est un modèle de 6 milliards de paramètres, bâti sur une architecture « Scalable Single-Stream Diffusion Transformer ». Qwen-Image-2.1 est un transformeur à 32 couches de 7 milliards de paramètres pour son composant de génération visuelle. Le [klein] 4B en compte 4 milliards, et le 9B repose sur un modèle de flux de 9 milliards avec un encodeur de texte Qwen3 de 8 milliards, distillé en quatre étapes. Krea 2, enfin, est bâti sur « a 12B dense DiT backbone », avec un VAE repris de Qwen Image et un encodeur de texte Qwen3-VL. Le rapprochement le plus utile est celui-ci : dans la famille [klein], le checkpoint le plus lourd, le 9B, est aussi celui dont la licence est la plus restrictive, quand le 4B — nettement plus léger — est en Apache 2.0. Black Forest Labs indique d’ailleurs que le 4B tient dans environ 13 Go de mémoire vidéo et tourne sur des cartes grand public de type RTX 3090 ou 4070. Ce qui se compare le plus directement, pourtant, est écrit dans les documents : le nombre d’étapes d’inférence. Quatre pour le [klein] 9B, distillé sans CFG ; huit pour Krea 2 Turbo, « an 8-step distilled checkpoint » ; et, pour Z-Image, deux colonnes dans le tableau de sa propre fiche — 28 à 50 étapes avec CFG pour le modèle complet, 8 sans CFG pour Z-Image-Turbo, sa variante distillée. Le régime n’est donc pas le même d’un bout à l’autre de cette liste, et aucune de nos sources ne donne le coût d’une étape avec CFG : on peut dire que les variantes distillées tournent en quatre à huit étapes, on ne peut pas en déduire un rapport de vitesse. Le trio licence, taille et matériel se lit donc d’un seul geste, et il ne désigne pas le même modèle selon ce que vous voulez en faire.

Ce que cela change pour vous, concrètement, tient en une méthode en trois temps. Le premier temps est de vérifier la licence du checkpoint exact, et non celle du modèle : le cas [klein] est la démonstration que la même famille, annoncée le même jour par le même éditeur, peut cacher deux régimes opposés — un nom commercial comme « klein » ne dit rien du droit. Le deuxième temps est de lire la clause, pas le mot : « open weights » décrit une disponibilité technique, jamais une permission, et les trois textes que nous avons lus parlent de seuil de revenus, d’interdiction commerciale et d’appréciation discrétionnaire de l’éditeur. Le troisième temps est de tenir compte des obligations de mention, qui sont faciles à oublier et opposables : la licence de Qwen impose d’afficher « Built with Qwen » ou « Improved using Qwen » dans la documentation d’un modèle entraîné ou affiné à partir des matériels, et l’accord de Krea impose de placer « Krea » au début du nom de tout modèle dérivé — l’exemple donné est « Krea 2 [Your Model Name] ». Un dernier point mérite d’être dit plutôt que deviné, parce qu’il porte sur le cœur du métier de créateur : l’usage du modèle et le sort des images produites sont deux questions distinctes. La licence applicable au 9B affirme d’un côté que l’on ne peut utiliser le modèle que pour des usages non commerciaux, et de l’autre que les images produites peuvent servir à toute fin, « including for commercial purposes », « except as expressly prohibited herein ». La phrase suivante borne la première, et il faut la citer : « You may not use the Output to train, fine-tune, or distill a model that is competitive with a FLUX [dev] Model. » Autrement dit : les images peuvent se vendre, mais elles ne peuvent pas servir à fabriquer un modèle concurrent. Les deux phrases ne se lisent pas séparément, et nous ne tranchons pas à votre place : si votre activité est commerciale et que vous visez le 9B ou Qwen-Image-2.1, la seule réponse qui vaille est écrite, et elle vient de l’éditeur.

Verdict SassyNow

Ce qui est établi, documents officiels en main : sur les six checkpoints comparés ici — Z-Image, Krea 2 RAW et Turbo, Qwen-Image-2.1, FLUX.2 [klein] 4B et 9B — deux seulement sont sous une licence libre sans condition, Apache 2.0, et il s’agit de Z-Image et du [klein] 4B. Le 9B est sous licence non commerciale, décision que Black Forest Labs justifie par la sûreté, après des évaluations externes, et assortie d’une obligation de filtrage. Qwen-Image-2.1 réserve son usage à la recherche et à l’évaluation. Krea 2 autorise l’usage commercial sous un million de dollars de chiffre d’affaires annuel, toutes sources, sur douze mois glissants. Ce qui est établi aussi, et c’est l’argument de fond : aucun éditeur ne mesure la qualité selon un protocole commun, et chacun se déclare gagnant — Black Forest Labs dit dépasser Qwen et Z-Image, Krea se dit le plus esthétique, Z-Image se dit le plus raisonnable face à des concurrents de 20 à 80 milliards de paramètres. Ce qui reste non tranché : l’articulation exacte, dans la licence du 9B, entre l’usage restreint du modèle et la liberté revendiquée sur les images produites — la clause « Outputs » ouvre le commercial, puis l’interdit pour entraîner un modèle concurrent — alors que le fichier de licence livré avec le dépôt reste inaccessible. Sur ce point, nous ne concluons pas. La règle qui sort de tout ceci tient en une phrase : dans un comparatif de modèles ouverts, la qualité est une opinion d’éditeur et la licence est un fait — et c’est le seul des deux qui vous engage.

Sources