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Le Roadster volant de Tesla : du spectacle, pas un produit à vendre

Publié le 17 octobre 2026
Note Buzz : 7/10SassyNow : Utile avec réserve

Le fait : dans la nuit du 15 au 16 octobre, Tesla a fait voler un Roadster sur une rampe de plusieurs étages à Waco, au Texas — montée à la verticale, décollage du bord, « kickflip » en plein vol au-dessus d’une rangée de Tesla, atterrissage sur propulseurs à gaz froid. Andrew J. Hawkins, qui signe la chronique de The Verge, en tire une conclusion simple : le spectacle était réel, la voiture beaucoup moins.

Ce qui a volé, et avec quoi. Le véhicule était équipé de 600 litres d’air comprimé, de dix tuyères directionnelles à gaz froid et d’un système d’aspiration à 2 G que The Verge décrit comme directement inspiré de SpaceX. Le journaliste résume la prouesse d’une phrase, à propos du 0 à 60 mph en moins d’une seconde : « Seeing a 0-to-60mph launch in under a second pushes the absolute outer limits of physics — even if it could lead to a detached retina or two » — autrement dit, l’accélération repousse les limites de la physique, quitte à y laisser une rétine. Le soir du spectacle, Tesla n’a donné ni prix ni caractéristiques de batterie ; l’entreprise a publié sa fiche technique sur son site après coup — trois finitions, un 0 à 60 mph annoncé entre 1,6 et 0,59 seconde selon la version, plus de 230 mph en pointe — mais toujours aucun prix. Sur l’autonomie, l’estimation est retombée à 300 miles, alors que la version dévoilée en 2017 était annoncée jusqu’à 620 miles avec une batterie de 200 kWh.

La version qui vole n’est pas en vente. Tesla précise que la configuration « Rocket », celle qui a fait le spectacle et qui n’a plus qu’un siège, sera « invite only » et « not approved for public road use » : elle supprime le siège passager pour loger des réservoirs de gaz à très haute pression, et l’entreprise admet qu’elle ne sera pas homologuée pour la circulation sur la voie publique. La fenêtre de production, elle, a été repoussée à 2028, alors que la version présentée en 2017 promettait des livraisons dès 2020 pour 200 000 dollars. Les premiers réservataires, eux, ont versé 50 000 dollars d’acompte en 2017, et attendent depuis. Elon Musk reconnaît lui-même que le Roadster est un projet « small potato » (notre traduction : une petite affaire) qui ne changera pas grand-chose financièrement face à des modèles de grande diffusion comme la Model Y.

Le spectacle n’est pas nouveau, et la chronique le dit. Tesla s’est déjà fait distancer plusieurs fois sur le marché de l’hypercar électrique, et plusieurs des figures vues cette nuit avaient déjà été réalisées ailleurs : la Yangwang U9 Xtreme de BYD aligne quatre moteurs électriques — un de plus que le Roadster — pour 3 000 chevaux et 308 mph en essai, au-delà du record de 268 mph de la Rimac Nevera ; la McMurtry Spéirling détient de son côté le 0 à 60 mph en 1,35 seconde. Le Roadster pourrait battre ce temps, écrit Hawkins, mais il faudra une mesure indépendante pour le confirmer.

Ce que la démonstration réussit, c’est la communication. Pour Hawkins, si l’objectif était de marquer les esprits, d’occuper les réseaux et d’installer Tesla comme pionnier technologique, alors la soirée est un succès : les réactions enthousiastes étaient difficiles à éviter sur X, une plateforme qu’il décrit comme déjà portée à absoudre Musk. Il rapporte aussi une lecture plus stratégique qui circule chez certains analystes, sans la valider : la remise en scène du Roadster préparerait une fusion Tesla-SpaceX dont la rumeur existe, même si les fans de Musk qui la réclament y perdraient une part de leur propre action. Musk a par ailleurs qualifié le Roadster de « the last best driver’s car » — pour Hawkins, un signe de plus que la conduite autonome, et non ce coupé, définira l’avenir de Tesla. Les concurrents, eux, continuent de livrer des hypercars prêtes pour la piste — Rimac, Porsche et BYD — pendant que Tesla peaufine encore quelques années son prototype à fusées. La démonstration, elle, a duré moins de trente minutes, et la conclusion de Hawkins tient en deux phrases : « It’s completely useless as a viable product. But as a 30-minute flex of engineering muscle, it was truly a sight to behold. » Autrement dit : inutilisable comme produit, et pourtant un beau spectacle de trente minutes.

Verdict SassyNow

Un show réussi, un produit non commercialisable : le Roadster volant n’est pas homologué pour la route, pas vendable à un tiers non invité, et Tesla n’a annoncé aucun prix.

Sources